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Après « l’Oeil du poète », sorti en 2019 chez Homerecords, Jean Litt revient aujourd’hui avec un EP auto produit, soutenu par un large crowdfunding.
Chanson à texte, paroles conscientes, cet album 5 titres se situe plus clairement du côté du reggae-hip-hop.
Il est accompagné de Victor Foulon à la basse, Gwenaël Francotte à la batterie et Sébastien Willemyns au clavier. Ils signent ici ensemble un album engagé, questionnant nos raisons d’être et d’agir.

 

Making of pochette

Par Samuel Idmtal | Stencil artist

« Sur pilotis »

Observer les événements depuis différents regards et points de vue amène de la complexité mais aussi de la richesse. Et la poésie des chansons recherche à la fois chatoiement et dénuement. Jean a vécu son enfance à l’étranger, notamment au Cambodge. Là-bas il est courant de voir des maisons de bois planter leurs fondations dans les fleuves ou les lacs. Vivre sur pilotis c’est accepter le paysage. Epouser ses formes et s’y adapter. Les habitations sont- elles moins solides sur l’eau ? Il y a l’évocation d’une fragilité peut-être. Mais aussi d’une harmonie qui ne cherche pas à s’imposer.

Dans la chanson éponyme, l’eau est comparée aux émotions que l’on porte en nous. Aux remous qui clapotent aux rives de nos êtres mouvants. Quand ils semblent forts, on se construit avec, malgré tout.
En 2021, en Belgique, des eaux boueuses ont envahi des villages, des villes, des maisons. À notre époque l’eau monte et à d’autres endroits, en d’autres manières, elle fait défaut. L’utilisation du terme « sur pilotis » fait aussi référence à ça. Nos instabilités comme nos ancrages, personnels et collectifs, se retrouvent dans cette image qui laisse rêveur.

Illustration

La pochette du EP est elle aussi le reflet de paradoxes. Elle peut évoquer le déséquilibre d’un envol comme l’enracinement de l’arbre. Le regard est fixe tandis que le corps danse.
La peinture d’origine a été réalisée par Samuel Idmtal lors de sa résidence à l’espace CBO à Bruxelles. L’artiste s’est inspiré d’une photo prise par Jérémie Hynderick pour réaliser au pochoir cette fresque murale grandeur nature.

Le street art a été choisi car les morceaux du EP ont une coloration plus urbaine, comparé à l’album précédent. On y entend particulièrement bien le texte, qui se rapproche parfois du slam.